Marie Muilu Kiawanga Nzitani

Biographie

Maman Marie Muilu Kiawanga Nzitani, dit Mama Muilu, né le 7 mai 1880 dans le Kongo – Central et mort le 27 avril 1959 dans la même localisation, est l’épouse de Simon Kimbangu et une résistante congolaise qui a tenu tête face à l’oppression coloniale belge afin de sauvegarder le mouvement révolutionnaire lancé par son mari. Elle est considérée, comme la Première Cheffe spirituelle de l’Eglise Kimbanguiste au regard de son apport dans l’encadrement des partisans et à la consolidation du mouvement kimbanguiste.

Elle est fille de Papa Mfuka (originaire de Nkamba) et de Maman Tuba (originaire du village de Kingombe).

En 1913, Simon Kimbangu l’épouse coutumièrement. Le 4 juillet 1915, le couple Kimbangu se fait baptiser ensemble à la rivière Nkele, non loin de la mission protestante de Ngombe – Lutete, avec neuf autres personnes. Le même jour, ils célèbrent leur mariage religieux au village Masangi.

De leur union est né trois garçons : Charles Daniel Kisolokele (12 février 1914 – 17 mars 1992), Salomon Dialungana (25 mai 1916 – 16 août 2001) et Joseph Diangienda Kuntima (22 mars 1918 – 8 juillet 1992).

Gardienne de Mouvement Kimbanguiste

Le 5 avril 1921, son mari Papa Simon Kimbangu l’instruit de sonner la cloche le lendemain avant que le culte matinal du 6 avril 1921, un mercredi. Maman Marie Muilu exécuta avec obéissance l’ordre de son mari, devenant ainsi la première femme catéchiste. Pour les autorités religieuses, elle avait donc enfreint la loi qui voulait que la cloche ne soit sonnée uniquement par les hommes et les dimanches. Un grief qui sera mis dans son « casier judiciaire ».

Le 12 septembre 1921, Papa Simon Kimbangu est arrêté par l’autorité coloniale belge. Le 15 septembre 1921, Maman Marie Miulu et ses enfants sont aussi arrêtés puis séparés : l’aîné, Papa Kisolokele est envoyé à Boma « pour subir lavage de cerveau », les deux autres enfants (Papa Dialungana et  Papa Diangienda) avec leur maman sont assignés en résidence à Ngombe Kinsuka à NKamba (à environ 306 km de Matadi).

Le 3 octobre, le jugement est rendu à l’encontre de Papa Simon Kimbangu et il est condamné à mort.

Le 10 octobre 1921, avant son incarcération, Papa Simon Kimbangu demanda à voir sa femme et ses enfants. C’est en ce jour que Papa Simon Kimbangu lui confia la mission de prendre soins des enfants, de conserver et de transmettre son message prophétique, et de veiller sur le mouvement naissant.

Durant les 30 ans d’incarcération de Papa Simon Kimbangu, c’est MamanMarie Muilu qui est officiellement responsable de l’église.

Elle fait preuve de beaucoup de courage car, en dépit de l’interdiction formelle des réunions des prières, elle organise clandestinement des rencontres à Ngombe Kinsuka, et ce, depuis l’arrestation de son mari  Papa Simon Kimbangu jusqu’à sa mort en 1959.

Elle ne cessa de soutenir son mari, s’identifiant à son appel, relayant ses mots d’ordre, encourageant ses fidèles, et luttant pour l’institutionnalisation du mouvement Kimbanguiste.

D’autre part Maman Muilu est considérée comme la première cheffe spirituelle de l’église Kimbanguiste, au regard de son apport à l’encadrement des partisans et à sa consolidation.

Le 12 avril 1959, quelques avant sa mort, elle distribue les cartes de catéchistes aux premiers cadres de la nouvelle Église Kimbanguiste et avant de  passer le relais du leadership de l’Église à son troisième fils, Joseph Diangienda Kuntima, alors âgé de 41 ans.

Décès

Marie Muilu décède le 27 avril 1959. Son corps est enterré à Ngombe Kinsunka.

Ainsi après son décès, l’Église kimbanguiste est officiellement reconnue par l’État colonial belge un certain 24 décembre 1959. Quelque mois plus tard, le 3 avril 1960, le corps de Simon Kimbangu est rapatrié à Nkamba.

Le 10 octobre 2009, les ossements de Maman Muilu, sont exhumés de Ngombe-Kinsuka en présence d’une foule des fidèles, placés dans un cercueil et sont exposés à NKamba pour le recueillement. Ils seront placés, le 12 octobre 2009, dans le Kinlongo aux côtés de Papa Simon Kimbangu, son époux.